Interview de Nicolaï Fuglsig

Interview de Nicolaï lors de son passage sur l'Espace Kodak à l'hôtel Pams

Nicolaï, quand avez-vous appris que vous aviez reçu le prix Kodak du Jeune Reporter ?
Je venais d'arriver au Kosovo et j'ai reçu l'appel de Jean-François Leroy au moment où je montais dans un taxi pour Pristina. Il y avait eu des tirs de snipers embusqués. Le traducteur d'un journaliste écossais venait d'être blessé à l'épaule. Je rentrais de plein fouet dans la guerre et Jean-François me disait à l'oreille : "Nicolaï, tu as gagné 50 000 F avec Kodak". Tout se mélangeait dans ma tête. J'étais à la fois très content mais je venais aussi d'avoir très peur pour ma première entrée sur un territoire de conflits. Pour en revenir au prix, c'était le deuxième après celui de l'ICP.

Que ressentez-vous à Visa au milieu de grands noms du photojournalisme ?
Je me demande si je suis parmi eux.

Qui vous a le plus influencé ?
Gilles Peress , Joseph Koudelka, Robert Franck et bien d'autres.

N. Fuglsig

N. Fuglsig

Avez- vous apprécié les tirages de votre exposition réalisés par le Laboratoire DUPON ?
J'ai pratiquement pleuré lorsque j'ai découvert les tirages de l'exposition. J.M. Malvi n'a été aidé que par mon livre car j'étais au Kosovo. Il a fait un travail excellent qui a duré un mois. C'est à lui que je ferai appel désormais pour mes autres expos.

Quel est votre équipement de prise de vue?
Je possédais un Leica que j'ai dû vendre pour trouver l'argent de mon voyage au Kosovo. Maintenant, j'utilise 2 Nikon F5 et 2 appareils Contax. Je préfère le 24x36 mais de temps en temps je fais du format 6x7. En film, j'utilise du Kodak 160 VC et 400 VC. Je ne choisis la couleur que pour traduire des atmosphères ou des éléments symboliques.

Ne faites-vous que du photojournalisme ?
Je dirige aussi des films documentaires et je suis engagé du côté de la pub. Cela m'aide à financer mes reportages, mais il a été pour moi difficile d'apprendre à réaliser des films.

Pourquoi avez vous choisi de présenter le sujet "Muslumovo" ?
C'était un projet d'école pour mon examen de fin d'année qui traitait de la protection de l'environnement. L'endroit m'avait été inspiré par un reportage TV auquel je n'avais rien compris. Piqué par la curiosité, j'ai foncé sur ce travail qui me semblait difficile mais intéressant.

Comment allez vous dépenser les 50 000 F du Prix que vous avez reçus ?
Pas à boire, je vous le promets. Mais comme je deviens indépendant, je vais pouvoir acheter des produits, des équipements pour le bureau que je vais partager avec un partenaire, journaliste de la presse écrite. Ainsi opérationnel dans la Pub et le film documentaire pour la TV, je vais pouvoir financer mes nouveaux projets de reportages photo.

Merci Nicolaï et bonne route sur vos prochains sujets.

De nationalité Danoise, Nicolaï Fuglsig est représenté par l'agence RAPHO


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